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L’agroforesterie, une solution qui prend racine peu à peu

par | 18 Juil 2023

Les pouvoirs publics semblent prendre conscience, peu à peu, des enjeux liés à la gestion de l’eau agricole. Une bien maigre avancée que saluent, malgré tout, des paysans éleveurs pragmatiques installés dans l’Eure. La famille Duedal, pratique l’agroforesterie fourragère sur l’exploitation depuis plusieurs années.

Dans un rapport de mars 2022, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (Ministère de l’agriculture et de l’alimentation) notait ceci en préambule : « Le changement climatique est, selon le GIEC, généralisé, rapide et d’intensité croissante. Son impact potentiel sur la ressource en eau en France (avec une tendance à la baisse des précipitations en été, une diminution des débits d’étiage des cours d’eau, une baisse du niveau moyen mensuel des nappes…) est tel que le sujet de la gestion de l’eau agricole est devenu central. L’agriculture doit donc s’adapter pour économiser l’eau. Sa mutation ne passe pas par une réponse unique mais par la mobilisation simultanée de plusieurs leviers d’adaptation ou « panier de solutions », dont il convient de rechercher pour chaque territoire la combinaison la mieux adaptée ».

Bon sens et pragmatisme paysan

Une pâture à proximité de l’exploitation de la famille Duedal. Crédit Gilles Motteau – GA presse

Sur le terrain, dans l’Eure (Normandie), mais pas uniquement, certains paysans ont précédé les conclusions du rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER). C’est le cas de la famille Duedal : Didier, le père, et maintenant Hugo le fils et Mégane sa compagne, éleveurs de brebis. Voilà une dizaine d’années, Didier Duedal a engagé la réflexion, puis deux ans plus tard la mise en action. A savoir passer les pâturages en agroforesterie fourragère. Le constat de départ est simple : des sols qui s’appauvrissent peu à peu, qui ne retiennent plus l’eau, jusqu’à ne plus remplir convenablement leurs fonctions vivrières.

« La porte d’entrée au passage à l’agroforesterie sur notre exploitation de 75 hectares a d’abord été le constat effectué à l’époque en ce qui concerne la mauvaise qualité de l’eau et la perte de biodiversité, rappelle Didier Duedal. Les explications de cet état de fait étaient et restent, encore aujourd’hui, multifactorielles. L’usage démesuré du mécanisme avec des engins agricoles toujours plus imposants qui tassent la terre à l’extrême. Des labours parfois irraisonnés. L’utilisation de la chimie et des produits phytosanitaires. Et désormais les aléas climatiques. Tout cela concourt à réduire le vivant ».

Didier Duedal a planté une première tranche de haies fourragères (cormiers, merisiers, tilleuls, alisiers, robiniers…) sur plusieurs parcelles en 2016. Il y a quelques mois, Hugo, son fils, et Mégane, la compagne de ce dernier, rejoignent le patriarche sur l’exploitation. Une deuxième tranche de plantation est en cours.

« Nous sommes désormais dans une démarche de lutte contre le réchauffement climatique, explique Hugo Duedal. L’objectif est d’améliorer le bien être animal mais aussi celui de nos cultures et nos fourrages ». Une source d’inspiration afin de retrouver des sols vivants et ainsi gérer l’eau sainement et durablement.
 

Didier (au premier plan) et Hugo Duedal. Crédit Gilles Motteau – GA presse

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